A-t-on besoin de l’info trafic?

Les annonces d’embouteillage sont-elles aujourd’hui encore nécessaires ? Le contenu informatif de ces annonces est en général pratiquement nul.

Tschoff Löw

Jonction d’Aubonne et jonction de Morges-Ouest, tunnel de Vernier, poste de douane de Bardonnex. Qui ne les connaît pas, ces bas lieux aux noms mélodieux qui nous sont serinés toutes les demi-heures à la radio dans les informations routières. Le contenu informatif de ces annonces est en général pratiquement nul. C’est un peu comme si l’animateur annonçait que dehors le soleil brille. L’évolution du temps et tout au plus les alertes représentent un intérêt lors du bulletin météorologique mais pas forcément l’aperçu du temps actuel en Suisse. C’est la raison pour laquelle, les informations routières ne sont judicieuses qu’en cas de situation extraordinaire ou de danger imminent, la présence d’animaux sur l’autoroute par exemple. Si tel est le cas, elles captent mon attention et je réagis en conduisant plus lentement et plus attentivement ou en choisissant peut-être une autre route.

Mais en première ligne, on apprend de ces informations qu’elles n’ont aucune influence sur le comportement face au trafic des automobilistes qui, pleins d’entrain, s’enfilent quotidiennement dans les bouchons et y contribuent. Les litanies en boucle de ce rituel radiophonique aboutit à l’indifférence de la part des personnes impliquées. C’est donc peu étonnant que les heures d’embouteillage sur l’autoroute aient doublé depuis 2008. Les pendulaires routiers connaissent la situation sur les routes et prennent en compte le temps supplémentaire nécessaire.

Pour moi se pose la question suivante : quel est l’objectif visé par les informations sur les embouteillages dans un contexte de surcharge de trafic routinière. Pour la majeure partie de la population, un embouteillage n’a lieu que quand il est annoncé à la radio. On ne s’en souvient que parce qu’on se le voit sans cesse répéter. Sont-elles utilisées à des fins politiques ? Un des principaux actionnaires de Viasuisse, qui est à l’origine des annonces radiophoniques, n’est autre que le TCS. Si les annonces ont été faites assez longtemps, la pression est telle qu’il faut y remédier – selon l’ancienne recette « créer plus de capacités routières ». Ce qui à moyen terme génère encore plus de trafic.

Celui qui veut absolument goûter aux informations routières à l’occasion de surcharges de trafic dans leurs moindres détails peut le faire à l’heure actuelle sans ennuyer les autres auditeurs radiophoniques avec des informations sans intérêts : via systèmes de navigation, applications ou sites internet.

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