Le blues du tube

Pedro Lenz est écrivain et membre du collectif d’écrivains « Bern ist überall ». A la Conférence de presse « NON à l’arnaque de l’assainissement » le12 janvier à Berne, il a présenté le blues du tube:

Nom-de-Diou, ils ne vont pas nous re-creuser un nouveau tunnel!

Ah, non, pas de nouveau un. Pas un de plus qui va nous amener, encore plus de camions.

A quoi vont bien pouvoir servir les NLFA alors? Elles n’intéressent déjà plus personne? Ils viennent à peine de les construire!

Ça compte pour beurre ou quoi? Non, ils en veulent encore un. Ils disent qu’il en faut un deuxième.

Qu’on peut encore s’en payer un. Qu’il y a encore de la place dans la montagne. Qu’un tunnel ici ou là, ça ne dérange personne.

Pourtant, il y en a déjà quatre. Et ça serait même le cinquième.

Voilà qu’il faudrait faire passer plus et encore plus de camions dans le paysage.

Creuser plus et encore plus de trous dans le paysage.

Construire sous la montagne des galeries fraîchement goudronnées, les tailler dans la roche et empester l’air des Alpes.

Ce qu’ils veulent, c’est que ça avance, Ce qu’ils veulent, c’est que ça roule, Ce qu’ils veulent, c’est qu’on puisse se rendre en voiture partout.

Mais tôt ou tard, on finira par se retrouver des heures et des heures dans les bouchons. Quelque part dans le canton d’Uri. Quelque part en Leventine. Bloqués des heures et des heures à attendre.

Ce qui leur importe, c’est que ça avance, qu’on puisse soi-même donner des gaz, qu’on puisse, même en accordéon, passer le Gothard en voiture, passer le Gothard en moto, passer le Gothard en autocar, passer le Gothard avec des marchandises.

Et la ligne de chemin de fer alors?

Si on chargeait davantage sur le train, on créerait moins de nuisances. Si on ne devait pas gazer tout le temps, on devrait creuser moins de tunnels. Si on faisait plus attention aux coûts, on claquerait moins d’argent.

Mais apparemment, tout cela ne compte guère. Les coûts ne semblent plus être un argument. La protection des Alpes ne semble plus être un argument. Ils en veulent à tout prix un nouveau. Ils en veulent à tout prix un de plus. Pourtant, il y en a déjà quatre. Il y a déjà quatre trous dans la montagne.

On pourrait charger sur le train à Göschenen
On pourrait charger sur le train à Airolo
On pourrait charger sur le train à Erstfeld
On pourrait charger sur le train à Biasca.

Passer par en-haut en été serait aussi une variante  pour ceux qui auraient envie de boire un café crème là-haut à l’hospice.

Mais apparemment ça ne suffit pas. Non, il faudrait rouler toujours plus. Il ne faudrait surtout pas économiser avec les tunnels, Il faudrait tout le temps creuser de nouveaux trous, et y faire passer de nouvelles routes. La protection des Alpes a passé aux oubliettes. Ils veulent se creuser un chemin à travers le roc.

Nom-de-Diou, ils ne vont pas nous re-creuser un nouveau tunnel!

Ah, non, pas de nouveau un.
Nous disons NON
NON à une extension à quatre pistes.
NON à la dictature de la route.
NON à une deuxième galerie routière au Gothard.

 

Traduit par Jean-Marc Droz, VCS

One Reply to “Le blues du tube”

  1. Le Conseil Fédéral, Mme Leuthardt en tête, nous ment. Est-ce pour cela qu’il a été élu?

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