Mobilité des loisirs seulement avec l’automobile?

Tous parlent de la mobilité des pendulaires. C’est oublier un peu vite les voyages en voiture dans la nature, les visites d’amis ou les sorties au restaurant : c’est bien dans le trafic des loisirs que le transport privé motorisé score le plus.

Travail ou loisirs – 77 pourcent des distances parcourues sont en voiture. C’est bien au trafic des loisirs que revient la part du lion, c’est-à-dire 40% de tous les kilomètres parcourus en Suisse. Viennent ensuite les déplacements pendulaires pour le travail avec 24% et les distances couvertes pour les achats, 13%.

Plus de chiffres : en 1984, le Suisse moyen se trouvait 23 minutes par jour en déplacement récréatif, durée qui a presque doublé pour atteindre 44 minutes en 2010. Plus de cinq heures de trafic de loisirs par personne et par semaine sont chez nous coresponsables des plus fortes charges et de nombreux embouteillages.

La plupart des trajets sont des mini-parcours qui pourraient tout aussi bien être effectués à pied, à vélo ou avec les transports publics. Un tiers de tous les déplacements en automobile est inférieur à trois kilomètres et près de la moitié en dessous de cinq kilomètres.

«Quand la voiture est garée devant chez moi, j’en deviens la victime», estime le spécialiste viennois en planification du trafic et auteur de livres Hermann Knoflacher. Une solution consiste à raccourcir les trajets. On s’organise de manière à ce que son coiffeur et son médecin se trouvent dans le quartier, on choisit son cercle de lecture dans le voisinage et on promène son chien dans le bois facilement accessible à pied – même s’il existe sans doute ailleurs des forêts plus belles, plus grandes, plus vertes.

Créer des alternatives attractives

Et si, en plus, les transports publics et la mobilité douce proposent des offres attractives, il est tout à fait possible de concevoir une mobilité des loisirs sans voiture. Toutefois, la distance journalière liée aux loisirs et parcourue en voiture a légèrement régressé (4%) selon le «microrecensement mobilité et transports» publié en 2012. L’office fédéral de la statistique présentera la prochaine enquête au printemps 2017.

On s’attend néanmoins à une augmentation du volume total de 26% à 31% d’ici 2030, ne serait-ce qu’en raison de la croissance de la population. La mobilité des loisirs quotidienne correspondrait ainsi en Suisse à 400 fois la distance de la terre à la lune. Peu étonnant donc qu’avec près de huit millions d’habitants, les déplacements cumulés des loisirs représentent déjà aujourd’hui à eux seuls chaque jour 300 fois la distance entre la terre et la lune.

Plusieurs propositions cherchent à endiguer cette croissance effrénée et à favoriser une mobilité des loisirs pesant moins sur l’environnement. L’Office fédéral du développement territorial a rendu public une stratégie pour le trafic des loisirs en 2009. Parmi les mesures envisagées, citons la création d’offres de loisirs dans le voisinage proche, des véhicules consommant moins et mieux occupés ou encore la promotion d’offres écologiquement correctes dans les régions touristiques. Grâce aux billets combinés train + entrée, pour ce qui est des grandes manifestations comme match de football ou des concerts, les transports publics constituent une vraie alternative à la voiture.

Il y a encore du travail à faire. Les espaces de rencontre et zones limitées à 20 km/h, impulsées par l’ATE Association transports et environnement, constituent un point de départ éprouvé. Les cantons et communes doivent trouver des solutions intelligentes pour rendre la mobilité plus écologique : grâce à de courts trajets, la combinaison entre différents modes de transport, des voies piétonnes ou cyclistes attractives.

Stefanie Stäuble / red.blog ATE

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