Douze mètres carrés

Les places de stationnement occupent de l’espace: douze mètres carrés en moyenne, qui pourraient aussi être utilisés autrement. Petit brainstorming.

Revenons en 2004. Des douzaines de voitures sont stationnées devant le Palais fédéral à Berne. La place fédérale est l’un des plus célèbres exemples de réaffectation de zones de stationnement dans la capitale suisse. Aujourd’hui, son jeu d’eau fait rire les enfants, amuse leurs grands parents et se retrouve sur les photos des touristes du monde entier. Qui pourrait encore penser à aménager un parking sur cette place emblématique?

Mais la ville de Berne est allée encore plus loin. À la fin de l’été 2018, la municipalité a aménagé des «parklets» dans la vieille ville pour une période de deux mois. Ces podiums en bois agrémentés de tables, de bancs, de tabourets et de parasols invitaient les passants à s’attarder, sans être obligés de consommer quoi que ce soit. Ces éléments originaux ont été aménagés sur des places de stationnement. Cet espace était soudain à la disposition de tout un chacun, et plus seulement des automobilistes.

Les places de stationnement dans les rues sont-elles vouées à disparaître?

Erich Willi du Service des ponts et chaussées de la ville de Zurich en est convaincu, les places de stationnement dans les rues sont vouées à disparaître: «Avec l’aménagement continu de places de stationnement obligatoires sur les propriétés privées, les places sur rue correspondent de plus en plus à un modèle obsolète. Des avenues, des pistes cyclables, des zones piétonnes ou même des zones de manutention de marchandises remplacent les places de parking dans les espaces publics». La place libérée dans l’espace public doit être utilisée pour assouvir de nouveaux besoins. Eu égard aux changements climatiques, les allées créent par exemple un ombrage agréable et permettent de réduire sensiblement la température en plein été. Les flux croissants de piétons et de cyclistes exigent également davantage de place.

Les places de parc occupent du terrain même lorsqu’elles sont vides. Dans les quartiers d’habitation urbains en particulier, le phénomène des places privées inoccupées est une réalité depuis longtemps. Pendant ce temps, la lutte pour l’espace disponible fait rage dans l’espace routier public. Ce problème est notamment provoqué par des possibilités de stationnement bien trop avantageuses sur la voie publique: une carte annuelle pour la zone bleue en ville de Zurich ne coûte par exemple que 300 francs.

Anina Schweighauser, collaboratrice des projets ATE

Le débat sur les cartes de stationnement est actuellement relancé: Radio24Info

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