Ce n’est pas le moment de jouer avec le feu

Après de longues négociations sur la nouvelle loi sur le CO2, le résultat n’est pas parfait, mais acceptable pour la majorité. Sa mise en œuvre rapide est urgente.

D’un point de vue de politique climatique, c’est encourageant: principale mesure de sauvegarde du climat dans le domaine des transports, le plafonnement des émissions de CO2 applicable aux voitures neuves se traduira, pour 2030, par une diminution de moitié des émissions par rapport à 2019.

La nouvelle loi prévoit que toutes les formes de mobilité nuisibles au climat – y compris les transports aériens – fassent l’objet de mesures de réduction des émissions de CO2.

La taxe sur les billets d’avion fait enfin son apparition et de meilleures conditions cadres ont été définies pour le remplacement des bus diesel par des bus électriques. Enfin, le financement des trains de nuit à hauteur de 30 millions de francs suisses par an est également une avancée importante.

Tirer à la même corde

Cependant, une chose est sûre: à elle seule, la nouvelle loi ne suffira pas à atteindre les objectifs climatiques. D’autres mesures s’imposent, notamment dans les transports. Mais pour cela, la population doit être convaincue de leur bien-fondé, sans quoi nous risquons de nous retrouver à la case départ. En considération de l’urgence d’agir, ça ne serait tout simplement pas responsable. Dès lors, il est d’autant plus important que celles et ceux qui luttent pour la sauvegarde du climat tirent toutes et tous à la même corde: les partis, les associations, les entreprises et la société civile.

Le lobby pétrolier, soutenu par l’UDC, a lancé début octobre un référendum contre la nouvelle loi sur le CO2. C’est tout-à-fait légitime et même souhaitable que le peuple puisse se prononcer à son sujet. Il  serait par contre désastreux que, par impatience, une partie du mouvement de la Grève du climat se mobilise également contre la loi sur le CO2. La nécessité de cette dernière doit absolument être appuyée auprès de la population.

Une mise en œuvre rapide

La contrariété des grévistes du climat peut se comprendre. Mais pourquoi ne pas regrouper les demandes de mesures climatiques plus strictes et utiliser la boîte à outils de la démocratie suisse, par exemple en lançant une initiative? Cela prendrait du temps, mais une mise en œuvre rapide de la loi sur le CO2 permettrait un pas important dans la bonne direction. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le moment de jouer avec le feu.

Par Anders Gautschi, directeur de l’ATE Suisse. Il plaide pour un soutien maximal à la loi actuelle sur le CO2.

La rubrique RÉFLÉCHISSEZ-Y et des autres contributions vous trouvez dans le Magazine ATE actuel (5/2020).

Plus d’informations sur le contenu de la loi CO2.

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